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 Français

Le commentaire de texte
C’est la forme écrite de l’étude de texte pratiquée oralement en classe. Si les élèves ne l’évitent comme la peste, il en choisissent le plus souvent la seconde version (le commentaire suivi) réputée plus « facile ».
Dans le programme français, le commentaire ne se fait plus (en tout cas plus aux examens du baccalauréat). Au Sénégal l’élève à toujours le choix, mais dans les conseils joints au libellé de l’épreuve, on sent que le choix du commentaire composé est le plus souhaité.
Cette exercice pose problème à tel enseigne que l’ASSOCIATION des Professeurs de Lettres lui a consacré un colloque les 13 et 14 décembre 1991 à l’E.N.S : LA PROBLEMATIQUE DU TEXTE ET DES EXERCICES LITTERAIRES où des professeurs de lycée et d’université ont pris à bras le corps le problème du commentaire de texte .
La pratique du commentaire butte sur un autre obstacle : lors des contrôles en classe, certains enseignants proposent toujours un choix de 2 ou 3 exercices pour, en toute bonne foie, donner à chaque élève « sa » chance, et c’est là que les moins vigilants ne se rendent pas compte que la plupart des élèves se « spécialisent en résumé ou en dissertation, évitant très soigneusement le commentaire de texte.
La définition du commentaire nous l’emprunteront à notre collègue MBAYE SENE du lycée Lamine Guéye dans les actes du colloque : « Une conscience (celle du lecteur), rencontre une première conscience ( celle de l’ auteur), chemine avec elle et construit un discours nouveau par lequel la conscience de l’auteur est dépliée, éclairée et réactualisée( ...) à dire enfin ce qui était articulé silencieusement là-bas. »
Cela nous permet de retenir une chose : le commentaire n’est pas une répétition du texte, une paraphrase mais une découverte de l’implicite, du suggéré, du non dit.
Faire donc un commentaire revient à « lire entre les lignes . »
Cela intervient dans plusieurs circonstances de la vie :à la mosquée, l’imam lit le Coran ou les Haddis et les interprètent en les adaptant aux réalités de l’heure ;le prêtre ne fait pas autre chose, le dimanche, du haut de sa chaire.
L’erreur la plus fréquente cependant, consiste pour l’élève à décrire le texte, description se ramenant à un inventaire des « particularités » :éléments lexicaux, stylistique, mélodique ;ignorant la syntaxe et les axes de lecture.
Un autre problème existe :les élèves posent souvent la question « Monsieur comment peut-on commenter un texte dont on connaît pas l’auteur ? » « Connaître »signifie évidemment étudier en classe. Question-piège voulant justifier que l’ on évite le commentaire ou que le professeur propose des textes « connus »pour que l’élève reproduise purement et simplement le cours sur sa copie.
Le commentaire étant un exercice comme un autre, il importe de l’aborder dans « les règles de l’art »comme avec le Résumé ou la Dissertation-les règles peuvent être rappelées.


-PHASE1 : lire plusieurs fois le texte (plus de trois fois).
L’épreuve étant prévue pour 4 heures, il faut en profiter et ne pas se fixer comme objectif de rendre sa copie après 2 ou3 heures …
Examiner sa périphérie :EPOQUE, COURANT LITTERAIRE, GENRE,…
Ces lectures permettent aussi de découvrir les termes importants, les particularités de l’expression.
-PHASE2 :les premières lectures doivent faire découvrir le plan du texte et orienter vers des axes de lecture. Découvertes des centres d’intérêts aussi. Distinguer le nécessaire de l’accessoire.
Pour découvrir les centres d’intérêts, plusieurs niveaux d’analyse sont nécessaires :niveau lexical(les mots et leurs utilisations), le niveau syntaxique (la construction des phrases et les effets de sens…
-PHASE 3 :passer au commentaire proprement dit qui a pou objectif de rendre le texte clair et cela dépend en grandes parties de la culture littéraire de l’élève (réduite aujourd’ Hui à sa plus simple expression )et cela fait aujourd’ Hui que le commentaire n’est pas choisi qu’en dernière extrémité.
Il faut rappeler que le commentaire n’est pas un exercice de paraphrase, certains devoirs donnent d’ailleurs l’impression de résumé dépassant les proportions normales.
Commenter un texte, c’est lui poser des questions :Pourquoi ?(fond) Comment ?(forme).
Il faut savoir combiner les deux en vue de générer un sens et de rester vigilant pour ne pas transformer cet exercice en simple description du texte.
La conclusion est le bilan de l’explication mais elle ne doit pas être un assemblage de conclusion partielle ni une mosaïque d’appréciations plus générales les unes que les autres. Elle met en évidence l’intérêt littéraire du texte particulièrement du point de vue de sens et du point de l’écriture. Commenter un texte donc c’est dire donc comment elle s’écrit et pourquoi de cette façon.

LA DISSERTATION
Le sujet est le plus souvent axé sur la culture générale et c’est celui qui fait appel le plus à la culture littéraire.

Le premier danger qui guette les élèves, c’est d’aborder l’épreuve avec un plan arrêté d’avance, voire « préfabriqué » : THESE – ANTITHESE – SYNTHESE ou l’autre démarche : AVANTAGES – INCONVENIENTS. Les professeurs ont beau expliquer que ce travail ne se réduisait pas à ces modèles mécaniques.

Ce problème handicapant du plan évacué, un autre surgit : le suivi du plan, c’est-à-dire l’argumentation. Pourtant, l’initiation en commence depuis la 4ème et les choses sont approfondies une fois en 2nde mais le plus souvent, l’énoncé d’une idée est suivi d’une cascade d’exemple. Certaines copies, à part l’introduction et la conclusion, ne contiennent que des exemples.

Avant d’aborder ces deux aspects du problème, voyons les grands principes dont le premier est la culture et la familiarisation avec les grands problèmes littéraires tout en se méfiant des réactions à l’état brut (les élèves analysent souvent selon leur humeur…).

CONNAISSANCE DES GRANDS THEMES DE REFLEXION

Portant sur la création littéraire et artistique : objectifs de l’écrivain quant il crée, ses règles, son esthétique. L’élève devra au préalable assumé un ensemble de questions qui ont des chances d’être « touchées » par le sujet.

NB : L’élève ne doit pas se mettre en tête d’inventer à chaque fois un discours. « Tout a été dit… et l’on vient trop tard… » avait dit LABRUYERE.

ARGUMENTER DANS LE CONCRET

L’argumentation a plus de chance de susciter si elle rapporte à la vie réelle et concrète. Les sujets ne sont pas impersonnels, c’est des problèmes de la vie.

Il faut penser aux faits que fournit l’histoire littéraire et éviter le piège de l’accumulation d’exemples qui ne pourra jamais remplacer l’argumentation : l’exemple doit toujours être au service d’une idée.

RESTER FIDELE A L’IDEE GENERALE DU SUJET

Rien n’est libre dans la dissertation, tout doit être lié et il faut se garder d’introduire un raisonnement dont ont ne peut garantir le lien avec ce qui précède et ce qui va suivre. Il faut que le rapport avec le sujet soit « palpable », donc visible, de l’introduction à la conclusion en passant par le développement.

EVITER DE JUXTAPOSER LES PARAGRAHES

Les transitions et les connecteurs doivent « arrondir les angles » du passage d’une idée à l’autre, un travail cohérent qui laisse prévoir la conclusion.

Après les dispositions théoriques passons à la pratique.

PREPARATION

Documentation : Essentielle pour la recherche des idées.

Se garder de tomber dans les extrêmes : une documentation insuffisante donne un travail fait de concepts creux qui ne renvoient à aucune réalité concrète ; une documentation excessive transforme l’analyse en une indigestion d’exemples.

NB : Il est bon de lire des classiques et des ouvrages de référence ; des élèves, en classe de français, arrivent en terminale en méconnaissant le CID de Corneille ou Mme BOVARY de Flaubert.

Dans l’analyse du sujet, il faut éviter de déborder vers le hors- sujet par exemple parler du poète seulement quand le sujet porte sur l’écrivain est insuffisant, mais parler du journaliste quand il s’agit de poésie est hors- sujet.

Le sujet est compris quand on connaît les limites et l’orientation.

La recherche des idées se termine par la notation des idées en vrac puis par la sélection primaire.

PLAN

Un devoir peut avoir de bonnes idées mais un mauvais plan…
La prudence recommande deux à trois bien équilibrées et c’est important.

- Se méfier du plan chronologique et de la classe thèse/ antithèse/ synthèse ou le plan partiel.

Le principe le plus établi, que le sujet soit long ou court, c’est de commencer par l’expliquer et justifier l’opinion puisque c’est de cela qu’il s’agit.

Il faut que le plan soit bien « centré » éviter de déborder ou de ne pas traiter assez…

- Eviter d’écrire le sujet ou d’en faire un commentaire de texte, ni une énumération de la bibliographie de l’auteur.

PRESENTATION

L’introduction n’est pas n’importe quoi, elle présente le sujet, pose le problème et délimite ses contours. Elle ne doit pas servir à raconter la vie de l’auteur ni à entrer prématurément dans les détails de l’argumentation, ni à émettre une opinion.

Le plan doit être cohérent avec le développement.

Le Développement

Le nombre de parties doit correspondre à ce qui est annoncé et chaque partie doit commencer par l’idée maîtresse.

Ne pas oublier les transitions entre les parties et les idées.

Choisir des exemples de préférence dans la littérature (maintenant beaucoup d’élève donnent des références sur les films de la télévision).

Les exemples doivent être diversifiés.

Attention : Les exemples ne doivent pas sortir du sujet.

La Conclusion

- Synthèse rapide des points de vue en présence,
- Avis personnel (attention aux avis trop définitifs),
- Elargir le sujet permet de faire voir qu’on l’a compris, on peut même utiliser une citation qui illustre bien le sujet.
- Attention aux rapprochements qui n’ont aucun rapport véritable avec le sujet.

NB : Prendre le temps de relire son devoir.

LES EXERCICES DU BACCALAUREAT

Sous cette appellation, on désigne en fait les trois exercices auxquels les élèves sont initiés au cours du cycle secondaire. il s'agit plus précisément d 'un approfondissement, le cycle moyen ayant posé des jalons que le caractère non immédiat des enjeux fait souvent négliger.

Actuellement, les élève pas tous évidemment, sont confrontés à un grand problème (la mère des problèmes) : l'absence (parfois totale) de culture littéraire. L'audio visuel (TV) est trop souvent accusé. Si certains arrivent à tirer leur épingle du jeu, d'autres continuent de "s'abonner" à des notes qui à la longue, personne ne cherche plus à améliorer.

Insuffisance du volume horaire et inadéquation des effectifs entravent un aspect crucial du cours : les travaux dirigés. Or plus que partout ailleurs, s'exercer est une nécessité pour progresser dans ce domaine très théorique de la littérature.

Nous allons voir les différents exercices dans l'ordre ou ils représentent au baccalauréat. Cette contribution n'a pas la prétention de "refaire" les cours, tache dont les professeurs s'acquittent admirablement, mais de donner des conseils généraux et des conseils pratiques pour l'élève devant sa copie.

LE RESUME

Exercice réputé le plus facile et que les élèves choisissent avant la date des épreuves.
NB: Il n'y a ni exercice "facile" ni exercice "compliqué".

Résumer un texte, c'est faire son économie, il s'agit de "parler peu et bien" ; l'enjeu est important : l'auteur produit son texte, l'élève a la prétention de le "rendre" avec moins de mots mais avec une égale clarté.

Ce travail se déroule en plusieurs étapes qu'il faut suivre rigoureusement : chacune commence par une relecture du texte.

ETAPE 1 : Lire. le texte étant le plus souvent argumentatif , on cherche à distinguer l'idée générale (ou thèse principale) et les idées secondaires ( thèse rejetée ou proposée).

ETAPE 2 : Repérage des mots clés ou segments essentiels autour de ses idées. Repérage des différentes parties du texte.

ETAPE 3: Trouver un titre à chaque partie du texte, on s'appuiera sur les champs lexicaux, sémantiques…

ETAPE 4 : phase de reformulation du texte. c'est une phase de "traduction". Il convient cependant de suivre à la lettre certaines règles.

- R.1: on ne résume pas des mots ou des phrases mais des idées.

L'élève ne peut pas s 'empêcher d'utiliser les mots du texte mais il ne doit pas en utiliser les tournures syntaxiques (c.à.d les phrases) même en mettant des synonymes.

- R.2 : Il faut respecter la logique (l'esprit) du texte : ne peut pas intervertir l'ordre des idées .Ne peut pas non plus répéter des idées même si le texte le fait.
- R.3 : Il faut respecter le système d'énonciation. un texte écrit à la 3ème personne sera résumé à cette même personne. Eviter les expressions : "dans ce texte….. l'auteur dit…; on nous parle de…."
- R.4 : veiller à la cohérence mais surtout le résumé doit être compris sans recours au texte de base: il doit être autonome .
- R.5 : Il faut respecter les proportions demandées en comptant les mots à chaque fois qu'on finit une phrase ou un paragraphe afin de corriger les disproportions,(attendre la fin du résumé posera des difficultés et peut vous amener à "amputer" votre résumé si vous voulez en diminuer la longueur).
- R.6: LA DERNIERE (OU LA PREMIERE) DES REGLES, c'est de relire plusieurs fois son résumé et si le temps le permet, essayer de le "refaire " en choisissant des mots plus justes et il faut surtout se méfier de la synonymie .

Vous voilà PRET…..ESSAYEZ tout de suite.

Vos remarques et suggestions peuvent améliorer cette contribution.

 


TRES PROCHAINEMENT, NOUS
DONNERONS UN EXEMPLE D’EXPOSE.
VOS REMARQUES SONT LES BIENVENUES
POUR AMELIORER CETTE CONTRIBUTION,
qui n’est pas un cours et ne peut donc remplacer le cours
de votre professeur Abdoulaye KEITA, professeur de français.