Blanche aube
Blanche aube de grâces !
Du trône céleste sest répandue
Sur nous la faveur
De vivre depuis hier
Mille ans
Un instant, une lueur déternité !
Nous vous rendons grâce, Seigneur
Que point ne vous irritent
Nos festins et nos fanals
Nos danses frénétiques
Et nos excès de rires
Quand nous hantent les regards
Vides de ventres affamés
Le râle des malades
Et le désespoir de petits dhommes
Nus, ignorants, abîmés
Sur locéan pourtant
Qui frissonne et murmure
Pas de houle, ce matin
Et si sereines mais soucieuses les Mamelles
Ils sont là
Depuis si longtemps
Ils savent
Depuis si longtemps
Ils gardent , depuis si longtemps
Le silence
En cette aube de grâces
Avec eux tendons nos mains orantes
Que les enfants
Dans la quête ardente du savoir
Point ne soient divertis
Quils poussent et fleurissent
Le front des Maîtres
Le sourire des Mères
O, heureux ceux qui savent !
Notre terre est en jachère
Que nous habite la foi
Nous gagne lardeur des bâtisseurs
Nos gains accomplissent nos sueurs
Que les curs unis
Par-delà les tourmentes
Tiennent les mains soudées
Pour le ronde autour du monde
Abdoulaye Racine SENGHOR